Carlo Di Antonio : « Je crois à la nécessité d’un ministère dédié au bien-être animal »

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Il y a quelques mois, la Wallonie a adopté un Code en faveur des animaux, très ambitieux. A l’origine de cette initiative : Carlo Di Antonio, le ministre belge de l'Environnement, de l'Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. Pour 30millionsdamis.fr, l’homme politique wallon revient sur les raisons de cette réussite législative qui fait figure d’exemple en Europe.

Permis de détention d’un animal de compagnie, peines maximales allant jusqu’à 15 ans de prison et 10 millions d’euros d’amende en cas de maltraitance, vidéosurveillance dans les abattoirs, interdiction de l’élevage de poules pondeuses en cages ou encore interdiction des delphinariums… Le Code du Bien-être animal wallon devient incontestablement une référence en Europe. Carlo Di Antonio, ministre du Bien-être animal depuis 2014, revient sur les raisons de cette réussite tout en appelant à une véritable « contagion » en faveur des animaux au niveau européen.


Quel élément a été le déclencheur de ce Code du Bien-être animal ?


Carlo Di Antonio. Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai reçu des dizaines de cas de maltraitance, des histoires extrêmement douloureuses. Nous avons constaté que la thématique autour du bien-être animal faisait énormément réagir. Il a fallu organiser tout cela et créer un formulaire de plaintes. Et le premier acte était de légiférer contre les maltraitances… Il y avait urgence.


Précisément, comment lutter contre les maltraitances ?


L’un des problèmes majeurs rencontrés était la lutte contre les récidivistes. Nous avons donc décidé de mettre en place un permis de détention d’un animal : un permis que chaque citoyen aura d’office mais qui pourra être retiré en cas de conviction de maltraitance sur un animal. C’est quelque chose de novateur et qui, je l’espère, permettra de dissuader des abandons ou des violences. 


J’espère qu’il y aura une contagion positive en Europe. Carlo Di Antonio, Ministre du Bien-être animal wallon.


Comment expliquez-vous la réussite des avancées pour le bien-être animal ?


Le fait que la compétence ne soit pas attachée à un autre ministère comme celui de l’Agriculture, par exemple, me semble avoir été essentiel. Cela permet de prendre davantage de recul sur les sujets et de s’y consacrer entièrement. Les citoyens nous attendent sur ce sujet. La visibilité a également eu un effet positif. De plus en plus de communes agissent sous la pression de leurs administrés. C’est une caisse de résonnance importante.


Votre modèle est-il transposable en France ?


Tout n’est pas transposable. J’imagine que la régionalisation des compétences est spécifique chez nous (il existe un ministre du bien-être animal en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, NDLR). Cependant, je crois à la nécessité d’un ministère dédié. Je suis très fier d’entendre des milieux internationaux nous prendre en exemple. J’espère qu’il y aura une contagion positive en Europe.

Quel regard portez-vous sur la politique française en matière de bien-être animal ?

Je connais relativement peu la situation française. Mais je peux dire qu’il est très compliqué d’avoir un interlocuteur : entre le ministère de l’Écologie et celui de l’Agriculture, il est difficile d’identifier les compétences.


source: ici

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