Faire le deuil de son animal : une étape douloureuse peu considérée

[FONDATION 30 MILLIONS D'AMIS]


La perte d’un animal a beau être un événement extrêmement douloureux, il est toujours difficile de communiquer sur son deuil. 30millionsdamis.fr a échangé sur ce thème avec Pénélope Bonnaud, auteure du livre « Ces animaux qui nous parlent », sélectionné pour le Prix Littéraire 30 Millions d’Amis.

« Perdre son animal peut être un énorme traumatisme. Et le deuil est un problème fort méconnu dans notre société. » Pénélope Bonnaud, comportementaliste et communicatrice animalière, sait de quoi elle parle, elle qui est régulièrement au chevet de personnes souvent désespérées.

« Pour certaines personnes, c’est comme si elles perdaient leur enfant, souligne celle qui est également thérapeute. La mort d’un animal a beau être logique, dans le sens où nos amis ont une vie plus courte que la nôtre, elle suscite un drame à ne pas minimiser. Par rapport à la perte d’un être humain, celle d’un animal relève d’un ordre plus intime. »


Une réelle difficulté à en parler

La minimisation de la mort d’un animal, c’est une réaction à laquelle se heurte de nombreux maîtres et maîtresses. « Beaucoup vont dédramatiser et proposer de prendre un nouvel animal comme si on remplaçait un objet,regrette l’auteure de Ces animaux qui nous parlent (éditions First, avril 2018). Il faut faire prendre conscience aux gens qu’il doit y avoir du respect. La déconsidération du deuil de l’animal est une erreur. De nombreuses personnes ont besoin d’en parler et se retrouvent dans l’incapacité de le faire. Mais j’ai bon espoir que cela s’améliore au fur et à mesure des années. »


Le choc de l’euthanasie


Le traumatisme peut être d’autant plus profond lorsqu’il s’agit d’une euthanasie car la culpabilité peut entrer en compte. Le maître ou la maîtresse intervient dans la mort de son animal. « Le deuil est évidemment différent selon la façon qu’a l’animal de partir, note Pénélope Bonnaud. L’euthanasie est une action traumatisante. Il est certes vrai que le deuil ouvre la porte à une thérapie rapide. Mais mettre fin à la vie de son animal, c’est quelque chose de brutal. Quand on perd un animal, on perd une partie de soi-même. »

En réaction à un tel événement, le temps et le dialogue restent les seules remèdes au deuil. Un deuil qui mériterait d’être davantage considéré tant la douleur peut être importante. « Les consciences s’éveillent, promet l’auteure. Nous constatons que les animaux prennent une place de plus en plus importante dans notre société. C’est pourquoi il sera désormais peut-être plus facile d’en parler autour de nous. »


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